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Passé historique

Sommaire

1. Les celtes 4. Les carolingiens 7. L’époque moderne
2. Les Romains 5. Seltz et l’Impératrice Adélaïde 8. La période contemporaine
3. Les mérovingiens 6. La décapole  

 

1. Les celtes

Une histoire qui remonte à près de 4000 ans !

Les monticules dans la forêt à l’ouest de Seltz, qui sont autant de sépultures celtes, sont les premiers signes d’histoire de notre secteur. Les plus anciennes pourraient approcher 4000 ans.
Les personnes intéressées sont invitées à parcourir le sentier des tumulus auquel on accède par la D 28 qui est dans la direction de Hatten.
 
Entre 1800 et 900 avant notre ère, c’est l’âge de bronze et la civilisation est souvent appelée « protoceltique », suivie, à partir de -1200, par celle des « champs des urnes » ; pendant cette dernière période les celtes abandonnent la pratique de l’inhumation dans les tumulus au profit de l’incinération, et de la mise des cendres dans des urnes regroupées dans des cimetières. Par la suite le rite d’inhumation dans les tumulus fut repris.

Entre 900 et 500 avant JC, c’est le 1er âge du fer, dite période de « hallstatt » L’utilisation du fer a permit de nombreux progrès dans la confection des outils et des armes

A partir de 500 ans avant notre ère débute le 2ème âge du fer dite période « de la Tène » Les populations se déplacent et se concentrent vers des zones relais, en particulier le Rhin. Les tribus se font fréquemment la guerre d’où le rapide développement des armes. D’après certains historiens, la population celte aurait approché 10 000 personnes dans notre secteur ; si c’était avéré, ce serait particulièrement important pour l’époque.

2. Les Romains

Les Légions romaines de Jules César, après avoir défait de chef germain Arioviste, arrivent en 58 avant JC et s’installent pour une durée de presque cinq siècles. Ils occupent la terrasse surplombant la plaine inondable du Rhin déjà occupée par les celtes qui lui avaient le nom de Saliso.
On pense, sans en avoir pourtant l’absolue certitude, que le commerce du sel pourrait être à l’origine de ce nom.

Les envahisseurs y construisent un camp qu’ils appellent Saletio ; il est fort possible que ce nom ne s’appliquait qu’au camp et que la cité a conservé son nom initial.

Les Romains se sont installés entre le Rhin et la Forêt-Noire, dans les champs Décumates et, comme ils ont renoncé à envahir la Germanie du Nord, la frontière s’est établie à la limite de la Forêt-Noire, le limes. D’abord sporadiquement, puis, de plus en plus souvent avec le temps, les Alamans ont forcé le  limes, et occupent le territoire jusqu’au Rhin en 260. Les légions romaines se replient à Saletio. .
Les attaques des Alamans se poursuivent et ils réussissent à passer le fleuve assez souvent. Cela se traduit à plusieurs reprises par des incendies et des dégâts. A chaque fois, il faut réparer, reconstruire et fortifier après avoir enterré les morts et soigné les blessés.

Nota : De très nombreux vestiges de cette période ont été trouvés dans notre cité. Malheureusement, faute d’une gestion rigoureuse de ces découvertes dans le passé, les objets ont été éparpillés dans des musées de villes voisines où se trouvent entre les mains de particuliers pas toujours conscients de la valeur réelle des objets et souvent incapables de garantir leur pérennité. C’est bien dommage que les plus belles pièces se trouvent ailleurs que dans notre musée local.
On a même découvert en 1930, dans un jardin du centre ville, une amphore qui recelait 5200 pièces en bronze datant  de l’empereur Dioclétien.

Le christianisme fait son apparition en 310, un évêché est installé à Strasbourg pour la basse Alsace, un autre à Bâle pour la haute Alsace.
 
Les Romains sont définitivement chassés en 406 ; les Alamans établissent une nouvelle frontière sur les Vosges. Ils possèdent alors un territoire allant des Vosges à la Forêt Noire et au lac de Constance, à cheval sur les 3 pays, le France, l’Allemagne et la Suisse. Les Alamans modifient les noms et imposent leur langue (notre dialecte actuel) dont les délimitations sont encore perceptibles actuellement. Par exemple les particularités linguistiques du territoire de Belfort et de la région d’Orbey en sont imputables.
La région subit d’autres invasions venant de l’est, les Vandales et puis les Huns, qui soumettent les populations locales à rude épreuve,

3. Les mérovingiens

En 496 : Clovis, Roi des Francs, devient le maître de l’Alsace suite à sa victoire de Tolbiac (qui, d’après les historiens, devait être proche de Wissembourg)
Notre région fait partie du royaume d’Austrasie dont la capitale est Metz.

Le nom d’Alsace apparaît pour la première fois en 610.

C’est le début de la période mérovingienne. C’est aussi la fameuse période des rois fainéants et le début du moyen âge.

Petite anecdote historique:
Seltz a eu la visite de deux rois mérovingiens en 610 : Theodebert II (roi d’Austrasie depuis 595) ainsi que son frère Thierry (roi de Bourgogne à laquelle l’Alsace avait été ajoutée lors du partage parental)  qui s’était réfugié à Seltz avec une armée de 10000 hommes. Theodebert l’y a encerclé avec ses troupes et il l’a forcé à négocier au château de Saloîssa : il en résulta la paix de Seltz qui consacra l’appartenance de l’Alsace au  royaume d’Austrasie. On ne trouve aucune trace de ce château de Saloïssa
Pour illustrer cette période de violence, sachez que Théodebert fut mis à mort par sa grand-mère Brunehaut en 612 et ses deux enfants furent massacrés par son frère Thierry. Le seul fils échappé à cette tuerie pourrait être Sigebert souvent considéré comme la tige de la maison de Habsbourg. Beaucoup d’historiens considèrent Théodobert II comme un prince brutal, sans talent ni vertus.

 Il conviendrait d’avoir une analyse plus approfondie avant de prononcer un jugement définitif sur ce siècle marqué par une extrême violence même si les rois étaient surnommés  (à tort ?) comme fainéants.

En 640, le roi d’Austrasie a crée le duché d’Alsace. L’Alsace est durablement évangélisée et des communautés monastiques importantes sont créées, parmi lesquelles Marmoutier, le Hohenbourg  (Ste Odile) et Murbach.

4. Les carolingiens

L’arrivée de la période Carolingienne vers 750 apporte plus d’ordre et une forte dose de christianisme.

En 754, Pépin le Bref supprime le Duché d’Alsace devenu trop important à ses yeux pour le remplacer par deux Comtés ; le Nordgau et le Sundgau ; les Carolingiens veulent centraliser le royaume et appliquent la maxime « diviser pour régner »

Autre anecdote :
Plusieurs historiens affirment parfois que Charlemagne avait un château ou un palais à  “Seltz” et qu’il y avait fêté Pâques en 768 ! Rien n’est moins sûr ; le « Seltz », évoqué comme étant situé sur le Main, pourrait bien être une ville allemande. Aucun document local ne relate ce fait historique.
Il en est de même pour la chasse de Louis le Débonnaire à “Salz” : il s’agit plus probablement d’une localité située également dans l’Allemagne actuelle.
Par contre d’autres historiens précisent que Louis le Débonnaire, qui est le fils et le successeur de Charlemagne, a assisté, ainsi que son propre fils Lothaire, (futur roi Lothaire 1e) à une réunion de l’Assemblée générale de la nation Germaine qu’il a lui-même convoquée à Seltz à la mi-octobre 826

En 843, le traité de Verdun englobe l’Alsace dans la Lotharingie

En 870,  Louis le Germanique reçoit tous les territoires de langue germanique ; l’Alsace fait partie intégrante du royaume de Germanie lors de la première formation de la frontière « franco- allemande »  (Traité de Mersen)

En 926, Le royaume de Germanie se disloque au profit de la formation de Duchés suite aux invasions répétées et les dislocations internes. L’Alsace fait partie du Duché d’Alémanie qui comporte tous les territoires de langue alamane.

En 962, le roi Othon 1er restaure l’empire et devient le premier empereur du Saint Empire Romain Germanique. L’Alsace en fera partie pendant près de sept siècle (et bien plus pour notre secteur) jusqu’à sa conquête par la France.
Cette période se caractérise aussi par les relations souvent houleuses entre Strasbourg et l’empire, et les incidents, dont quelques uns sont relatés, ne furent pas rares.

5. Seltz et l’Impératrice Adélaïde

Cette période fut la plus glorieuse période historique de notre cité :

Héroïne et patronne de notre cité, Adélaïde est née en 931 du roi Rodolphe II de Bourgogne.
Veuve en 950 de Lothaire, roi d’Italie, elle se remarie à Otton 1er de Germanie en fin 951. A ses cotés, elle fut couronnée impératrice du St Empire Germanique par le pape en 962 et elle participa activement à la conduite de l’Empire.
 Otton 1er décède en 973 et c’est son fils Otton II qui lui succède sur le trône. L’épouse de ce dernier, Théophano, entretient de relations exécrables avec Adélaïde et elle réussit à convaincre également son époux des griefs qu’elle entretenait vis-à-vis de sa belle mère, Adélaïde fut bientôt contrainte de quitter la cour. Ces relations conflictuelles perdurèrent au-delà de la disparition de Otton II en 983 et ne cessèrent qu’au décès de Théophano en 991.
A partir de ce moment, à 60 ans, elle assura la régence de son petit fils Otton III jusqu’à sa majorité en 994.
Elle mourut à Seltz le 19 décembre 999, dans l’abbaye bénédictine qu’elle y avait fait construire, à quelques jours du changement de millénaire qui cristallisait toutes les peurs de l’époque.
Le pape Urbain II la canonisa en 1097 ; elle reste, à ce titre, la patronne de Seltz. Sa fête a lieu le 16 décembre.
Sa vie longue et mouvementée en fait une des femmes les plus remarquables du X siècle ; elle connut de multiples drames familiaux, le veuvage à plusieurs reprises et la mort de ses enfants. Ses contemporains louaient sa beauté, sa sagesse et sa vertu. Elle utilisa son pouvoir pour restaurer les monastères et évangéliser les slaves. Elle participa à la réforme de l’abbaye de Cluny en Bourgogne et contribua à la fondation du Prieuré de Payerne, près de Fribourg en Suisse. Elle fut une proche de l’abbé Odilon qui fut également canonisé.
L’impératrice Adélaïde était déjà l’exemple d’un chef d’état moderne. Très souvent en voyage à travers l’Europe, malgré les risques et les difficultés des transports de l’époque, elle avait déjà une vision planétaire de la situation.
Après sa mort, le monastère et sa sépulture devinrent rapidement des lieux de pèlerinage ; même des têtes couronnées venaient se recueillir à Seltz et on parle de guérisons miraculeuses de non voyants. Cette abbaye sera malheureusement emportée par les flots du Rhin ou de la Sauer et aucune trace n’en a été retrouvée à ce jour.

Seltz a toutes les raisons d’être flattée d’avoir été choisie par ce grand personnage pour y finir son existence. Nos regrets sont d’autant plus grands de n’avoir pas pu conserver des restes tangibles de cette glorieuse époque.


1015 : Nous sommes en plein Moyen-Âge, c’est la période de construction des cathédrales, celle de Strasbourg démarre sous l’impulsion de l’évêque Werner de Habsbourg.

Au XII siècle : L’artisanat et le commerce se développent ; les paysans quittent leur campagne et les villes sont en expansion. Strasbourg se libère de la tutelle de son évêque et devient « ville libre »  Colmar, Sélestat et Obernai s’entourent de murs.

En 1258 : Seltz est incendiée par les Strasbourgeois

En 1354, dix villes alsaciennes (Seltz n’en fait pas partie) s’unissent pour former une ligue qui se place sous la protection impériale, mais qui bénéficient d’une certaine indépendante, c’est la Décapole.

6. La décapole

En 1358, Seltz rejoint la liste des villes impériales et devient ainsi la onzième ville (il y eu, en réalité, pendant une période, quatorze villes à bénéficier de ce statut de ville impériale) de la  Décapole. Seltz perdre cette distinction en 1416.

En 1365, un épisode singulier en pleine guerre de cent ans :
L’empereur du Saint Empire Germanique Charles IV du Luxembourg (ne pas confondre avec son homonyme qui fut roi de France), après avoir fait venir des renforts de toute la région, s’installe, d’une manière assez peu compréhensible, pour au moins 2 semaines en siège à Seltz alors que les anglais approchaient et que d’autres troupes attendaient son aide à Strasbourg pour résister à l’envahisseur. Il aurait même décidé de construire un pont sur le Rhin pour permettre aux anglais d’envahir la Souabe voisine….…
La conduite de Charles IV ne manque pas d’étonner !!

La région subit pendant cette période différentes autres calamités comme l’épidémie de peste noire en 1349 et des luttes féodales perpétuelles.

En 1414, Rappelons que l’électeur Palatin est l’un de 7 princes très puissants du pays qui ont pour charge d’élire l’empereur du Saint Empire Romain Germanique.
Seltz, ville impériale, devint la proie de ses puissants voisins : l’Electeur Palatin, l’évêché de Strasbourg ou le Margrave de bade attendaient la première occasion pour mettre la main sur notre ville. Il convient aussi de noter les nombreuses discordances qui perduraient entre Seltz-ville et Seltz-abbaye.
Prenant argument d’une nouvelle mésentente avec l’Empereur l’Electeur Palatin fait occuper la ville par 300 cavaliers et soumet le monastère à son autorité. Ni les autres membres de la Décapole, ni l’Empereur, n’interviennent pour empêcher ce coup de force.
Seltz perd ainsi son statut de ville impériale en 1416 et redevient une ville palatine ordinaire

En 1439 : Achèvement de la cathédrale de Strasbourg après 424 années de travail !!

Pendant ce temps on continue à l’ouest de Seltz à reconstruire le monastère. La pauvreté des moines est générale et ils ne peuvent survivre que grâce à l’aide des habitants. Pour y remédier le pape déclare la sécularisation de l’abbaye en 1481 et elle fut transformée en Collège de Chanoines.

7. L’époque moderne

En 1555, c’est la paix d’Augsbourg. Sous l’impulsion de Charles Quint, on décide de suspendre les hostilités entre les Etats catholiques et les Etats protestants dans le Saint Empire Romain Germanique (c’est loin d’être le cas en France).
Est instauré un principe fondamental : « cuius regio ;eius religio ». Cela signifie que la population est dans l’obligation de suivre la religion pratiquée par leur prince ou leur seigneur. Il était permis d’émigrer à ceux qui étaient en désaccord avec la religion de leur suzerain.
Nous aurons l’occasion de constater à quelles conséquences allait aboutir ce principe

En 1559, L’Electeur Palatin Otto Heinrich favorise l’établissement du la religion protestante luthérienne dans ses possessions : Seltz devient protestant luthérien apparemment sans grande opposition.
 
La sécularisation a transformé les moines en chanoines ce qui relativement amélioré leur existence. L’Electeur Palatin, Frédéric III du Palatinat, qui était calviniste s’en sert pour y fonder une succursale universitaire vers 1566, la “Ritterakademie”. Bientôt Seltz se retrouva calviniste.

Après sa mort en 1576, son successeur, Louis VI du Palatinat, exige l’abandon du catéchisme calviniste pour le remplacer par celui de Luther. Comme il se heurte à un refus général, il décrète la fermeture de la petite université en 1577.
Seltz devient protestant luthérien à l’image de son électeur Palatin

En 1585, c’est son frère J²    ohann Casimir qui devint régent et il rétablit énergiquement le calvinisme. La haine entre les calvinistes et les luthériens était intense et conduisait à de nombreuses exactions. Nouveau changement de religion !
 
En 1618 éclate la guerre de 30 ans. Ce conflit qui se déclare une guerre de religion cache, en réalité, beaucoup de préoccupations plus terrestres 
Toute notre contrée a énormément souffert pendant ce très long conflit qui est une guerre de religions entre les catholiques et les protestants. Les troupes françaises et espagnoles se sont livré à des vrais actes de sauvagerie : massacres, pillages destruction des récoltes et viols. La population fut décimée et certaines communes se sont retrouvées à moins de 10% de leur nombre initial !
La France de Louis XIV sort largement victorieuse dans ce conflit.



Le traité de Wesphalie, en 1648, consacre cette victoire du roi Soleil et dispose que l’Alsace fera désormais partie de la France.
Mais le texte du traité, écrit en mauvais latin, comprend beaucoup d’ambigüités, notamment en ce qui concerne la frontière nord entre la France et le Saint Empire Germanique.
Concrètement :

  • pour les Français, c’est la rivière Queich, reliant Landau à Germersheim, qui devait tracer la frontière
  • pour nos voisins, c’était le Seltzbach !!

La population alsacienne s’oppose massivement à cette annexion ; les contacts brutaux durant la guerre leur ont laissé de mauvais souvenirs. L’absolutisme de louis XIV n’était pas de bon augure pour les habitants des villes impériales habitués à une certaine liberté
D’âpres négociations furent nécessaires  pour imposer la Lauter comme délimitation frontalière, plusieurs  traités furent signés sans mettre un terme aux insoumissions.
Cette querelle ne prit réellement fin que sous Napoléon 1er avec la dissolution du St Empire Germanique, après plus de 800 années d’existence, en 1806.

En 1674, Turenne, à la tête des armées de louis XIV met le feu à Seltz, accusé de soutenir les forces adverses.

En 1678, le traité de Nimègue met fin aux villes impériales et marqua la soumission de ces cités au roi de France.

En 1681, les troupes françaises soumettent la ville de Strasbourg qui avait un statut de ville libre.

En 1674 Turenne met le feu avant de ravager le palatinat. Le roi avait envoyé des capucins et des jésuites pour ramener les Seltzois au catholicisme, ce qui se fit généralement (sauf anecdote) sans incidents particuliers.

En 1683, Seltz est proclamée française car l’Electeur Palatin fait allégeance au roi de France, mais cette soumission est limitée.

Anecdote historique :
En automne 1684,
les habitants des villages voisins, redevenus catholiques, viennent en procession à l’église de Seltz en reconstruction pour y chanter le traditionnel Te Deum de la victoire. En même temps une trentaine d’hommes qui avaient refusé la conversion ont été poussés par les dragons du roi dans les eaux glacées du Seltzbach. Plusieurs, en essayant de s’enfuir, furent tués. Cela s’est passé au siècle des lumières…..
En 1692, le roi récompense les jésuites : tous les biens de l’abbaye sont donnés à leur collège de Strasbourg. Plus tard, une grande partie de ces possessions seront rétrocédés aux Hospices Civils de Strasbourg.

8. La période contemporaine

En 1797 : Après les victoires de Napoléon en Italie du Nord et le pillage de l’ambassade à Vienne, le congrès de Rastatt, dont la première session  a lieu le 10 septembre 1797, doit fixer les frontières au Rhin et réparer l’outrage fait à l’ambassade.
La plupart des sessions ont lieu à Seltz sous la présidence d’un des directeurs du directoire, François de Neufchâteau.
Le congrès se termine sans grand résultat politique mais par le massacre de Bonnier et de Claude Roberjot, deux des représentants français à cette assemblée.
               
9 janvier 1803 Napoléon Bonaparte convoque à Seltz l’assemblée du Canton. Le document relatant cette cérémonie est conservé, bien sûr avec soins, dans les archives municipales.

Le XIX siècle est le siècle des grands travaux, en particulier la correction du Rhin qui s’est déroulé à partir 1840 jusque vers 1970 pour le principal.

Nota : jusque vers 1840, les limites France –Allemagne sont délimitées par le cours naturel du Rhin dont les méandres se déplaçaient et nécessitaient des modifications constantes.
En 1840, on définit des repères fixes à l’aide de bornes qui permettent de figer les limites qui resteront jusqu‘à la fin de la rectification du fleuve.
Après le rétablissement de la frontière du Rhin en 1918, c’est le fleuve rectifié qui redéfinit la  frontière.
Les terrains chevauchant celle-ci seront annexés par les pays respectifs.

1806 : les victoires de Napoléon précipitent la fin du St Empire Romain Germanique. C’est aussi la fin  des discussions sur les frontières franco-germaniques

1827 : après des palabres juridiques ayant duré 30 ans, un verdict attribue aux Hospices Civils de Strasbourg les biens ayant appartenus à Seltz –abbaye, la ville ne conservant que ses biens propres. C’est la récompense promise par Louis XIV aux jésuites d’avoir ramené la population de Seltz au catholicisme.

1870, annexion de l’Alsace au Reich allemand après la défaite de Sedan. Il en résultat de nombreux flux migratoires : environ 500 000 Alsaciens (sur un total de 1 800 000) ont quittés la région jusqu’en 1914 pour d’autres régions françaises. Parallèlement, il y eut un fort transfert de population de l’Allemagne vers l’Alsace.
Complètement intégré au « Reichsland », notre région bénéficia par la suite d’une certaine autonomie. Les habitants ont profité des nombreuses avancées sociales du IIème Reich que les Français de « l’intérieur » ne connaitront que 40 ans plus tard.
La ligne de chemin de fer Strasbourg –Lauterbourg a été achevée en 1876

1914-1918 quatre années de combats meurtriers. 60 habitants de notre cité qui incorporés dans l’armée allemande ont trouvé la mort de ce sanglant conflit.
La réintégration dans la République Française fut douloureuse

Nota : De nombreux mouvements de population sont constatés : essentiellement des départs d’allemands vers l’Allemagne qui était souvent des expulsions précédés de pillages, le tout sous l’approbation des autorités françaises. On estime à 200 000 le nombre d’Allemands expulsés, dont la moitié reviendra grâce à la pression exercée par les Etats-Unis.
L’administration exigea une francisation brutale de toute la population sans tenir compte de la réalité ambiante et on fit appel à des enseignants de « l’intérieur » n’ayant aucune notion ni de l’Alsace, ni de l’alsacien.
De même, l’état voulut imposer rapidement la laïcité française (loi de 1905) qui heurta profondément la mentalité alsacienne qui résista énergiquement. Les gouvernements qui se sont succédés finirent par faire preuve de plus de sagesse et calmeront la situation.

3 septembre 1939  La France et le Royaume Uni déclarent la guerre à l’Allemagne d’Hitler qui vient d’envahir la Pologne. Cela entraîna l’évacuation de tous les habitants de notre cité vers la Haute-Vienne à l’instar de la population frontalière.
Sur le terrain, les alliés ne bougent pas, laissant les nazis achever leur sinistre besogne

Le 10 mai 1940, c’est l’envahissement éclair de la France ; le 22 juin, Pétain signe l’acte de reddition d’une France vaincue.
L’église de Seltz est démolie par un obus, à l’exception du chœur.
La  plupart des Seltzois évacués décidèrent de revenir, mais ce fut le retour dans une Alsace sous le joug nazi. Se succèdent alors des années de souffrances, de drames et de peur jusqu’à la libération. La plupart des hommes, en âge de porter les armes, n’avaient alors comme choix que de servir sous l’uniforme d’un régime honni ou de déserter en faisant courir d’énormes risques aux proches restées sur place.

La libération n’a eu lieu que le 19 mars 1945, 4 mois après Strasbourg, et après un hiver terrible et des combats acharnés en particulier à Hatten. Les derniers jours de guerre ont laissé un lourd tribut humain et causés  de gros dégâts dans notre cité.
La dernière guerre a entraîné la mort de 73 citoyens seltzois, parmi lesquels 50 étaient des incorporés de force dans l’armée allemande pour servir, pour la plupart, sur le front russe.

Un petit rayon de soleil dans le ciel noir : Il était deux frères nés à Seltz ; le cadet s’appelait Charles et l’aîné se prénommait Henri. Nous sommes en mai 1944, les murs de l’édifice du III Reich qui paraissaient si solides commencent à se lézarder ….
Charles, incorporé de force dans la Wehrmacht se trouvait en Italie pour s’opposer aux troupes américaines et alliées qui avaient débarquées dans la péninsule depuis septembre 1943. Les alliés avaient lancé une grande offensive près de Cassino. Complètement épuisé par la durée et l’âpreté des combats Charles s’est assoupi un instant et, à son réveil, s’est retrouvé découvert par une demi douzaine de fantassins français en file indienne. Il courut vers eux les mains en l’air en criant « Ne tirez pas, je suis Français !»  Mais l’homme de tête lui avait déjà lancé une grenade. Charles, qui a eut le réflexe de se jeter à terre, réussit à éviter le pire, mais fût néanmoins blessé.
Lorsqu’il rouvrit les yeux, des soldats au teint basané l’entouraient et le menaçaient de leur baïonnette ; il s’agissait de tirailleurs marocains avec lesquels la communication était impossible à établir ! Heureusement, un gradé est intervenu pour faire évacuer Charles dans l’hôpital de campagne d’Acerra.

Henri, était militaire de carrière et avait déjà atteint le grade de capitaine à cette époque et  commandait un escadron du  3ème Régiment de Spahis algériens. Comme son frère, il était censé servir sous l’uniforme nazi, mais suite à une hospitalisation à Lyon, il réussit à s’enfuir pour rejoindre, via l’Espagne, son régiment à Batna en Algérie. Henri,  ou plutôt « François » qui était devenu son nom d’emprunt, avait débarqué en décembre 43 dans la région de Naples.
Le capitaine François qui attendait le signal pour lancer une vaste offensive à l’ouest de Cassino reçu le 14 mai 44 ce message totalement inattendu : « Pouvez-vous venir ? Votre frère est ici, prisonnier ». Il y avait plus de quatre années qu’ils ne s’étaient pas revus, Il sauta immédiatement dans sa jeep…

Charles, à travers la fenêtre de l’hôpital, vit arriver une jeep couverte de poussière. Il ne reconnut son frère qu’à sa manière de réajuster sa tenue et de nettoyer ses lunettes. Il dévala l’escalier aussi rapidement que lui permettait sa blessure et cria « Henri ! ». Son frère allait passer à coté de lui sans le reconnaître ! En se retournant Henri le reconnut enfin et s’exclama : « Mon Dieu, c’est donc vrai ! »
Ainsi on put voir cette image insolite d’un officier français tombant dans les bras d’un soldat en uniforme allemand devant des passants médusés…

Tout le drame des « Malgré-nous » est résumé dans cette image

Henri Spangenberger connut une brillante carrière militaire puisqu’il atteint le grade de Général de Brigade et fut élevé au rang de commandeur de la Légion d’honneur. Il a aussi connu la joie insigne de participer à la libération de sa ville natale des envahisseurs le 19 mars 1945. Seltz a donné son nom à une rue et à une place, honneurs qui lui sont  très largement dus. Il est décédé le 28 mars 1993 en Vendée.

Charles Spangenberger, à sa sortie de l’hôpital, profita, comme il avait déjà essayé sans succès auparavant, de déserter de la Wehrmacht et s’engagea dans l’armée française. Après la guerre, il fonda sa famille à Seltz où il bénéficie d’une retraite active et bien méritée.

L’évolution de la construction européenne est généralement appréciée dans cette contrée traumatisée par les changements successifs de patries et de régimes. Avec le développement du travail frontalier, la traversée des frontières est devenue un acte banal depuis de très longues années. La simplification des formalités et l’adoption de la monnaie commune sont devenues une chose naturelle que personne n’imagine pouvoir être remise en cause. Les difficultés dans lesquelles se débat l’Europe actuellement provoquent inquiétude et incompréhension. Les frontaliers que nous sommes, n’envisagent pas, sans réelle angoisse, l’éventualité d’un retour aux frontières entre la France et l’Allemagne. Ce serait une régression absolument monstrueuse.
Nous ne pouvons que faire confiance à la sagesse de nos dirigeants pour l’éviter.

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tvsaletio Tv Saletio est une télévision locale créée en février 2001 à l'initiative de la ville de Seltz. Elle est diffusée sur le réseau câblé de la ville.

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